Cloud souverain : quel enjeux pour la protection des données entreprise en France ?

30% plus cher en moyenne. C’est le surcoût moyen des solutions cloud souverain français comparé aux géants américains comme AWS ou Microsoft Azure. 

Pour beaucoup de dirigeants de PME et TPE, le débat s’arrête là. 

Pourquoi payer plus cher pour la même chose ?

Mais avez-vous calculé le coût d’une amende RGPD pouvant atteindre 4% de votre chiffre d’affaires ? 

Le prix d’un arrêt d’activité suite à une exfiltration de données ?

Ou la perte de clients qui découvrent que leurs informations sont accessibles via le Cloud Act américain ?

Le vrai calcul n’est pas « cloud souverain vs pas cher ». C’est plutôt « quel niveau de protection pour quelles données stratégiques« . 

Décortiquons ensemble les vrais enjeux du cloud souverain en France, sans langue de bois ni jargon marketing.

Vous saurez ensuite prendre une décision éclairée pour votre entreprise.

Mais avant,

C’est quoi un cloud souverain exactement ?

C'est quoi le cloud souverain ?

Commençons par les fondamentaux. Un cloud souverain, c’est bien plus qu’un simple serveur situé en France.

La définition officielle :

Le cloud souverain désigne une infrastructure cloud qui garantit trois principes fondamentaux :

1. L’hébergement territorial : vos données sont stockées exclusivement sur le territoire national (en France) ou européen. 

Aucune copie ne transite vers des serveurs situés aux États-Unis ou en Chine.

2. La gouvernance juridique : L’entreprise qui gère le cloud est soumise uniquement au droit français et européen. 

Elle ne peut pas être contrainte par des lois extraterritoriales comme le Cloud Act Américain.

3. L’indépendance capitalistique : L’actionnaire majoritaire n’est pas une entité étrangère qui pourrait influencer l’accès aux données ou la gestion de l’infrastructure.

Maintenant,

Pourquoi c’est important pour votre entreprise ?

Imaginons que vous stockez vos données clients chez AWS (Amazon Web Services). 

Même si vos données sont physiquement en France, Amazon est une entreprise américaine. 

Le gouvernement américain peut, via le Cloud Act adopté en 2018, exiger l’accès  à vos données sans vous informer et sans passer par la justice française. 

C’est ce qu’on appelle l’extraterritorialité du droit américain.

Avec un cloud souverain français, vos données restent sous la protection exclusive du droit européen et français. 

La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) est votre seul interlocuteur réglementaire.

Alors,

Quelle est la différence entre le cloud souverain et le cloud de confiance ?

Vous avez probablement entendu parler de « cloud de confiance ». Est-ce qu’il veut dire la même chose ? Pas tout à fait.

→ Le cloud souverain

C’est la version la plus stricte. L’infrastructure, le capital et les opérations sont 100% français ou européens. 

Des acteurs comme OVHcloud (cloud souverain OVH), Scaleway ou Outscale en sont de bons exemples. 

Ils répondent aux critères SecNumCloud de l’ANSSI ((Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information), le label de référence en France.

Le cloud de confiance

C’est un modèle hybride qui associe la technologie d’un hyperscaler américain (Microsoft, Google) avec un partenaire français qui « rend l’offre souveraine ».

Par exemple :

  • Cloud souverain Bleu : partenariat entre Orange, Capgemini et Microsoft Azure..
  • S3NS : collaboration entre Thales et Google Cloud

Dans ces modèles, la technologie vient des États-Unis, mais un « tiers de confiance » français gère les clés de chiffrement et l’accès aux données.

L’idée c’est de combiner la puissance technologique des géants avec une gouvernance française.

Lequel choisir pour votre entreprise ?

Le cloud souverain pur est recommandé pour :

  • Les données de santé (soumises au référentiel HDS),
  • Les informations confidentielles d’entreprise,
  • Les données RH et financières sensibles,
  • Les projets nécessitant la certification SecNumCloud…

Le cloud de confiance convient si :

  • Vous avez besoin de services spécifiques (IA, machine learning), uniquement disponibles chez les hyperscalers,
  • Votre budget est serré,
  • Vos données ne sont pas ultra-sensibles…

Quels sont les 3 types de cloud (et où se situe le cloud souverain) ?

Pour bien comprendre le positionnement du cloud souverain, rappelons rapidement les trois grands modèles de cloud.

1. Le cloud public

Des serveurs partagés entre plusieurs clients (multi-tenant). C’est l’offre d’AWS, Google Cloud ou Microsoft Azure. 

→ Avantages : prix compétitif, scalabilité infinie. 

→ Inconvénients : souveraineté limitée, risques liés au Cloud Act et au RGPD.

2. Le cloud privé

Une infrastructure dédiée à votre seule entreprise. 

→ Avantages : contrôle total et sécurité maximale. 

→ Inconvénients : coûteux et nécessite des compétences techniques en interne.

3. Le cloud hybride

Un mélange des deux : certaines données peu sensibles en cloud public, d’autres stratégiques en cloud privé. 

C’est souvent la meilleure approche pour les PME.

Pour résumer, le cloud souverain peut prendre les trois formes. 

Vous pouvez avoir un cloud souverain public (OVHcloud), un cloud souverain privé dédié, ou un modèle hybride combinant souveraineté pour les données critiques et hyperscalers pour le reste.

Cloud souverain et Cloud Act : comprendre les enjeux

Le Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act) est une loi américaine votée en 2018.

Elle permet aux autorités américaines d’accéder aux données stockées par des entreprises américaines, même si ces données sont physiquement hébergées en Europe.

Êtes-vous concerné ?

Vous pouvez être soumis au Cloud Act si :

  • Votre fournisseur cloud est américain (AWS, Azure, Google Cloud, Oracle Cloud)
  • Vous vendez des produits ou services aux États-Unis
  • Votre site web est accessible en anglais
  • Vous utilisez des serveurs situés aux États-Unis
  • Vous avez des relations commerciales avec des fournisseurs américains…

En clair, presque toutes les entreprises françaises exportatrices ou internationales sont potentiellement exposées. 

Le cloud souverain européen vous protège de cette extraterritorialité.

Le vrai coût du cloud souverain (avec calcul ROI)

Parlons chiffres. Oui, le cloud souverain coûte généralement entre 20% et 40% plus cher que les offres des hyperscalers. 

Mais ce calcul est-il vraiment complet ?

Les coûts cachés du cloud non-souverain

Les coûts cachés du cloud non-souverain

Amendes RGPD : Entre 10 et 20 millions d’euros, ou 4% du CA annuel mondial. 

En 2023, la CNIL a infligé des amendes record à plusieurs entreprises pour non-conformité liée au transfert de données.

→ Perte de confiance client : 76% des consommateurs français se disent préoccupés par la confidentialité de leurs données (ODOXA).

Une fuite peut détruire votre réputation.

→ Coûts de mise en conformité : Audits, consultants juridiques, formations RGPD… La facture grimpe vite quand vous devez “rattraper” votre conformité.

→ Interruption d’activité : En cas de cyberattaque ou de blocage d’accès, combien vous coûte une journée d’arrêt ?

Le calcul intelligent à faire…

Au lieu de comparer uniquement les prix mensuels, utilisez cette formule :

Coût total = Prix cloud + (Probabilité de risque × Impact financier du risque)

💡Exemple concret pour une PME de 50 personnes :

  • Cloud AWS : 500€/mois
  • Cloud souverain : 650€/mois
  • Surcoût annuel : 1 800€

Risques évités :

  • Amende RGPD potentielle : 50 000€ (estimation basse)
  • Coût d’une fuite de données : 30 000€ (pertes clients + gestion de crise)
  • Probabilité sur 3 ans : 15%

Économie potentielle : (80 000€ × 15%) = 12 000€ sur 3 ans

Investissement : 5 400€ sur 3 ans

Le ROI est largement positif, sans compter la tranquillité d’esprit…🧘‍♀️

Détecteur de greenwashing : les 3 critères non-négociables

Le terme “cloud souverain” est devenu un argument marketing galvaudé.

Alors, comment distinguer le vrai du faux ?

→ Critère 1 : Certification SecNumCloud de l’ANSSI

C’est le label de référence en France. Il garantit le plus haut niveau de sécurité et de souveraineté. 

Exigez cette certification pour vos données sensibles.

Acteurs certifiés : OVHcloud, Outscale, Scaleway, Numspot, 3DS Outscale.

→ Critère 2 : Capital 100% européen

Vérifiez qui détient réellement l’entreprise. Si l’actionnaire majoritaire est américain ou chinois, ce n’est pas du cloud souverain.

Exemple : Oracle Cloud souverain et AWS cloud souverain ne sont pas souverains au sens strict, car Oracle et Amazon restent des entreprises américaines soumises au Cloud Act.

→ Critère 3 : Hébergement et opérations en France

Où sont physiquement les datacenters ? Qui y a accès ? 

Les employés du support technique sont-ils français ou peuvent-ils être basés aux États-Unis ?

💡Un vrai cloud souverain emploie du personnel français, opère depuis la France, et garantit que jamais un technicien étranger n’accède à vos données.

Cloud souverain : pour qui et pour quelles données ?

Soyons un peu pragmatiques. Vous n’avez probablement pas besoin de tout migrer vers un cloud souverain.

Cloud souverain : pour qui et pour quelles données ?

Pour vous aider, voici une matrice de décision rapide.

Le cloud souverain est OBLIGATOIRE si vous traitez :

  • Des données de santé (dossiers patients, mutuelles),
  • Des données bancaires et financières,
  • Des données RH (salaires, évaluations, contrats),
  • Des données de propriété intellectuelle (R&D, brevets, code source),
  • Des données personnelles sensibles (religion, opinions politiques, santé)…

→ Le cloud souverain est RECOMMANDÉ pour vos :

  • Base clients et prospects (CRM),
  • Vos données comptables,
  • Vos documents contractuels,
  • Vos emails professionnels…

Un cloud public classique est ACCEPTABLE pour :

  • Un site web vitrine statique,
  • Des outils collaboratifs non-sensibles,
  • Des fichiers marketing publics,
  • Des environnements de test…

Les meilleures solutions de cloud souverain en France

Voici un panorama objectif des principaux acteurs français.

→ OVHcloud (cloud souverain OVH)

Points forts : Leader européen, certifié SecNumCloud, capital 100% européen, prix compétitifs.

Idéal si vous êtes une PME/TPE cherchant un bon rapport qualité-prix.

→  Scaleway

Points forts : Groupe Iliad (Free), datacenters en France, technologies de pointe.

Idéal pour les startups tech et développeurs.

→ Outscale (groupe Dassault Systèmes)

Ses points forts : Certifié SecNumCloud, spécialiste du secteur public.

Idéal pour les administrations et secteur de la défense.

→ Cloud souverain Bleu (Orange, Capgemini, Microsoft)

Points forts : Technologie Azure avec gouvernance française.

Idéal pour les grandes entreprises déjà dans l’écosystème Microsoft.

→ Numspot

Points forts : Solution souveraine issue de l’initiative gouvernementale.

Idéal pour les opérateurs d’importance vitale (OIV).

Comment migrer vers un cloud souverain sans tout casser ?

La migration peut vous sembler intimidante…Voici une approche par étapes.

migration cloud souverain

→ Étape 1 : Auditez vos données (1 semaine)

Listez toutes vos applications et classez vos données selon leur sensibilité. Utilisez un tableur simple :

  • Colonne A : Nom de l’application
  • Colonne B : Type de données
  • Colonne C : Niveau de sensibilité (1-5)
  • Colonne D : Localisation actuelle

Étape 2 : Choisissez votre approche de migration (1 jour)

  • Migration totale : Tout vers le cloud souverain (rare, coûteux).
  • Migration sélective : Uniquement les données sensibles (recommandé).
  • Approche hybride : Cloud souverain + cloud public (optimal pour la majorité).

Étape 3 : Sélectionnez votre fournisseur (1 semaine)

Comparez 2 à 3 acteurs sur ces critères :

  • Certifications (SecNumCloud, ISO 27001, HDS)
  • Prix transparents
  • Support en français
  • Facilité de migration
  • Réversibilité (peut-on repartir facilement ?)

→ Étape 4 : Pilotez avec une application (1 mois)

Notre conseil : Ne migrez pas tout d’un coup. Commencez par une application non-critique pour tester le processus.

→ Étape 5 : Généralisez progressivement (3-6 mois)

Migrez application par application, en validant à chaque fois que tout fonctionne correctement.

Cloud et souveraineté : quel avenir en France ?

Le gouvernement français a relancé en avril 2025 le projet de cloud souverain avec un budget de 51 millions d’euros sur 7 ans (programme PEPR Cloud).

L’objectif est de réduire la dépendance aux hyperscalers américains qui captent 70 à 80% du marché européen.

Des initiatives comme GAIA-X (écosystème cloud européen) et la doctrine “Cloud de Confiance” du gouvernement montrent une volonté politique forte. 

Pour les entreprises françaises, c’est le bon moment pour investir dans la souveraineté numérique.

Finalement,

Le cloud souverain n’est pas une question de patriotisme digital. C’est un calcul stratégique entre risque, conformité et coût.

Vous n’avez probablement pas besoin de migrer 100% de votre infrastructure vers un cloud souverain. 

Mais les 20% de données les plus sensibles méritent cette protection.

Commencez petit. Identifiez vos données critiques. Comparez objectivement les coûts réels (pas seulement le prix affiché). 

Et surtout, posez-vous la bonne question : “Quel est le coût de l’inaction si mes données sont compromises ?

Le cloud souverain français existe, il est mature, compétitif et certifié. 

Gh-Drive de la suite souveraine G-hyksos Group vous permet de démarrer votre indépendance numérique là où elle compte le plus : vos données métier quotidiennes…

Alors, prêt à reprendre le contrôle ?


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